Le cimetière des mots doux d’Agnès Ledig et Fréderic Pillot

Coucou,

Je partage ici avec vous une bullette coup de cœur pour un album jeunesse. C’est un album qui fait partie de mes acquisitions du Salon de Livre de Paris. Cet album est « Le cimetière des mots doux » d’Agnès Ledig et Frédéric Pillot. J’ai toujours été passionnée depuis ma plus tendre enfance des ouvrages graphiques et je fais maintenant des études d’illustration, je suis donc toujours ravie de plonger dans ce genre de livre.

Dans cet ouvrage jeunesse, comme nous le dit le résuméAgnès Ledig, avec la sensibilité et l’empathie qui la caractérisent, raconte par la voix d’une petite fille, Annabelle, le parcours de Simon, son amoureux atteint de leucémie, et les émotions qu’elle ressent. Avec des mots simples et justes, Agnès Ledig aborde un sujet très difficile, la mort d’un enfant malade et l’indicible chagrin de son amie.

Cette histoire poignante, qui suit la trame de son dernier roman adulte « Dans le murmure des feuilles qui dansent », nous sommes amené endouceur à appréhender, en famille, cette notion délicate. Elle a aussi pour vocation d’offrir à l’enfant concerné par la mort d’un proche, un outil concret pour vivre le deuil et apprivoiser le chagrin: un geste symbolique, ici les mots doux qu’Annabelle écrit et va ensuite déposer dans la forêt qu’aimait Simon. Dans une nature à la fois poétique et puissante, la vie est plus forte que tout.

Rien qu’en lisant le résumé, je savais que ce livre allait être poignant et qu’il allait m’apporter beaucoup d’émotions. Il est conseillé à partir de 5 ans mais ici mon avis, sera celui d’une lectrice plus adulte et qui a connu aussi beaucoup de choses d’un point de vue médical. Il est donc indispensable pour moi de rappeler que c’est un livre à partager avec les enfants en prenant bien en compte qu’ils n’en auront pas la même perception que nous adulte.

Avant de débuter ma lecture, j’ai eu ce besoin de découvrir ou ici redécouvrir l’autrice. Agnès Ledig exerçait le métier de sage-femme quand elle a publié son premier roman, « Marie d’en haut »en 2011. En 2013, elle publia « Juste avant le bonheur »qui a été un grand succès de librairie couronné par le prix des Maisons de la Presse, puis 4 autres romans, traduits en douze langues. Adulée par son public, elle a publié « Dans le murmure des feuilles qui dansent »en 2018. Dans un univers plus jeunesse, elle a publié en 2017, « Le petit arbre qui voulait devenir un nuage »et ici, elle publie « le cimetière des mots doux »qui est son second album jeunesse.

J’ai aussi pris le temps de me rendre sur le site internet de l’autrice afin d’en apprendre vraiment plus sur elle. C’est ainsi que j’ai découvert qu’elle a « commencé à écrire en 2005, chaque dimanche, pour donner, à travers des bulletins dominicaux, des nouvelles de notre fils, atteint d’une leucémie. Des pages et des pages de doutes, d’espoirs, de rires, de larmes, de petites joies partagées et de courage…celui d’un petit garçon de 5 ans…

Quand il est parti, du courage, il m’en a fallu pour sortir la tête de l’eau, mais je lui avais promis…alors j’ai écrit ce que j’avais au fond du cœur…J’ai aimé écrire, et je ne me suis plus jamais arrêtée… ».

Quand j’ai lu cela, j’ai été très touchée car je ne savais pas du tout et c’est ainsi que j’ai compris que cet album jeunesse que j’avais entre les mains était bien plus qu’une histoire touchante, c’était une histoire en grande partie autobiographique en appui sur la propre histoire de son fils défunt mais aussi par conséquent son histoire de maman ainsi que de sa famille. De quoi rendre cette lecture encore plus forte.

Sur son blog, l’autrice se livre aussi un peu « L’écriture m’a aidée, elle m’aide encore. C’est devenu un besoin quasi vital. Si je n’écris pas, c’est comme si je manquais d’air…Alors, je respire chaque jour, et j’aime l’idée de souffler un peu de cet oxygène vers mes lectrices et mes lecteurs… ». J’adorais déjà cette autrice en la découvrant dans son roman « Dans le murmure des feuilles qui dansent », ici, j’ai été touchée par la femme qu’elle est, cela rend encore plus fort ce que j’ai ressenti qu’elle nous transmettait dans ce roman que j’avais découvert.

Quant à l’illustrateur, Frédéric Pillot c’est quelqu’un dont j’admire beaucoup le travers en tant qu’illustrateur mais que je qualifierai aussi d’artiste. Il a fait des études avec Claude Lapointe très grand illustrateur que j’admire aussi aux Arts décoratifs de Strasbourg. Frédéric Pillot est très connu dans l’univers de l’illustration il a notamment publié des albums historiques puis des BD chez Glénat ou encore Delcourt. Il travaille aussi dans la publicité et la presse chez Milan. Ses talents multiformes et techniques lui permettent une grande diversité de créations : peintures acryliques, ou encore ici aquarelles et crayons sont des outils qu’il manie avec la plus grande dextérité. Pour vous donner un exemple de son travail, je vous parlerai de Lulu Vroumette, qui est un petit personnage culte de la jeunesse.

Désolée pour les personnes qui trouveront cette introduction d’avis un peu longue mais elle me semblait nécessaire pour ne pas dire indispensable. Maintenant, passons à mon ressenti.

Comme j’ai commencé un peu à vous le dire, j’ai trouvé cet ouvrage très fort en émotions, touchant, poignant mais c’est aussi un cocon de douceur, de réconfort. Cet album aborde avec pudeur, simplicité et surtout beaucoup de respect, le sujet du deuil, de la mort, des maladies infantiles. Avec des mots simples et vrais, nous plongeons donc dans cet album qui s’annonce très fort.

« Nous étions nés le même mois de la même année, vivions dans la même rue du même village, et étions dans la même classe de la même école. Parfois, sans nous parler, nous nous comprenions quand même ».

Dans cette histoire nous suivons donc Annabelle et Simon qui sont amoureux, de cet amour beau, pur, naturel, rempli de complicité pour ces deux enfants qui se connaissent depuis longtemps. Tous deux aiment la forêt voisine du village, notamment un chêne devenu « leur arbre ».Les adultes qui les entourent ne portent pas grande attention à ce lien très fort qui unit ces deux enfants.

Pourtant…le jour où Simon ne revient pas à l’école et qu’Annabelle apprend que c’est parce qu’il est à l’hôpital, atteint d’une leucémie, le monde s’écroule pour la petite fille, elle est très triste et se sent seule avec son désarroi d’autant plus qu’elle ne peut plus voir son amoureux…Alors, elle lui écrit. Des mots, seul réconfort trouvé contre ce destin tragique et complexe à comprendre pour une enfant. Des mots doux, des cœurs, etc… Des mots d’enfant pour son amoureux tout simplement. Nous allons donc la suivre dans son chagrin, son incompréhension, etc…

Ces mots écrit par la petite fille resteront après la mort de Simon et deviendront source d’apaisement, de réconfort pour petit à petit continuer à vivre malgré tout. Et contrairement au temps qui passe, Annabelle n’oublie quand même pas Simon, elle vit avec son absence et son souvenir. Elle dépose aussi régulièrement des mots au pied de « leur »arbre, devenu « cimetière des mots doux ».

Cet album m’a beaucoup touchée, j’ai compris la complicité de ces deux enfants, et elle m’a rappelé des souvenirs de complicité vécu malgré la difficulté de la maladie. J’ai trouvé cela vraiment beau et très bien mis en valeur sans que cela prenne toute la place dans le synopsis. Quant à la suite de l’histoire, j’ai été très émue, c’est très fort, c’est le chemin d’une petite fille vers l’acceptation de la mort, vers ce vide et ces émotions si difficile à vivre que l’on soit enfant ou adulte.

Un album frappant de justesse, de sincérité qui m’a beaucoup ému et qui n’est pas sans me rappeler un ami d’enfance, voisin pendant de nombreuses années, disparu à 19 ans, en 2016, d’un cancer du cervelet, on oublie jamais vraiment même si nous continuons nos vies.

Cette douleur est vécue à hauteur d’enfant car c’est une petite fille qui raconte sa peine immense, nous suivons donc le ressenti d’un enfant et en tant qu’adulte nous le vivons aussi de façon très forte, peut-être même plus fort, ou tout du moins de façon très différente. Les regards d’enfants et d’adultes sont à la fois similaires et différents dans ce genre de situation.

Un album jeunesse très beau, par le choix des couleurs, des illustrations qui contrastent avec la tristesse de l’histoire… les camaïeux de verts, dorés sont très beaux, réconfortant pour cette petite fille et ne sont pas sans lui rappeler ses rendez-vous avec Simon dans la forêt.Les illustrations sont  vraiment douces et réconfortantes, les textes mélodieux malgré la force des émotions qu’ils contiennent sont choisis avec soin.

Cet album jeunesse est une pépite, je vous l’assure. Je pense très sincèrement que cette lecture peut s’avérer une alliée précieuse pour aider un enfant à mettre des mots sur sa peine après le décès d’un proche. L’amour et la poésie apportées par l’autrice rende cet album encore plus beau. À mes yeux c’est un livre qui se veut nécessaire malgré le fait qu’il soit poignant…Les larmes me sont montées aux yeux plus d’une fois.

Et enfin, une dernière petite chose, à la fin de l’album se trouve un texte destiné aux parents pour les inciter à dialoguer avec leurs enfants sur ce thème douloureux. Un texte que j’ai trouvé indispensable car ce ne sont pas forcément des sujets abordés avec les enfants alors que comme tous les sujets forts qu’il existe sur cette terre, il est important de les évoquer tout en choisissant les mots adaptés.

Avant de clôturer, je souhaite prendre juste le temps de remercier Agnès Ledig pour cette histoire écrite par sa jolie plume ainsi que Frédéric Pillot pour son merveilleux travers d’illustration très respectueux de la force et des émotions partagées avec le lecteur.

En conclusion, que vous soyez petit ou grand, je vous conseille cet album jeunesse.

J’espère que cet article vous aura plu. N’hésitez pas à venir discuter avec moi, me dire si vous connaissez cet album ou si il vous tente ? Me dire si vous connaissez Agnès Ledig et si oui quel est l’ouvrage qu’elle a écrit que vous avez préféré ? Et pour Frédéric Pillot, le connaissez-vous, que pensez-vous de ses œuvres ?

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